Chapelet Saint Louis-Marie Grignon de Montfort

Conseils pour réciter son chapelet par Saint Louis-Marie Grignon de Montfort

« Prenez surtout garde aux deux fautes ordinaires, que font presque tous ceux qui disent le chapelet ou le rosaire :

« La première, c'est de ne prendre aucune intention en disant leur chapelet, en sorte que, si vous leur demandiez pourquoi ils disent leur chapelet, ils ne sauraient vous répondre. C'est pourquoi ayez toujours en vue, en récitant votre Rosaire, quelques grâces à demander, quelque vertu à imiter, ou quelque péché à détruire.

« La seconde faute qu'on commet ordinairement en récitant le saint Rosaire, c'est de n'avoir point d'autre intention, en le commençant, que de l'avoir bientôt fini. Cela vient de ce qu'on regarde le Rosaire comme une chose onéreuse, qui pèse bien fort sur les épaules lorsqu'on ne l'a pas dit, surtout quand on s'en est fait un principe de conscience, ou quand on l'a reçu par pénitence et comme malgré soi.

« C'est une pitié de voir comment la plupart disent leur chapelet ou leur Rosaire. Ils le disent avec une précipitation étonnante; ils mangent même une partie des paroles. On ne voudrait pas faire un compliment, de cette manière ridicule, au dernier des hommes, et on croit que Jésus et Marie en seront honorés !... Après cela, faut-il s'étonner si les plus saintes prières de la religion chrétienne restent sans presque aucun fruit; et si, après mille et dix mille Rosaires récités, on n'en est pas plus saint ?

« Arrêtez, cher confrère du Rosaire, votre précipitation naturelle, en récitant votre Rosaire, et faites quelques pauses au milieu du Pater et de l'Ave, et une plus petite après les paroles du Pater et de l'Ave que j'ai marquées par une croix (†), ci-après.

Notre Père qui êtes aux cieux † que Votre Nom soit sanctifié † que Votre règne arrive † que Votre volonté soit faite † sur la terre comme au ciel † Donnez-nous aujourd'hui † notre pain de ce jour † et pardonnez-nous nos offenses † comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés † et ne nous laissez pas succomber à la tentation † mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce † le Seigneur est avec Vous † Vous êtes bénie entre toutes les femmes † et Jésus le fruit de Vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu † priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant † et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.


« Vous aurez d'abord de la peine à faire ces médiantes, par la mauvaise habitude que vous avez de prier à la hâte; mais aussi une dizaine, dite ainsi posément, vous sera plus méritoire que des milliers de Rosaires récités à la hâte, sans réfléchir ni s'arrêter. (Source : « Le secret admirable du saint Rosaire » par saint Louis-Marie Grignons de Montfort.)

Tout aussi posément nous devons réciter le Gloria et la prière apprise par Notre-Dame, à Fatima, aux trois petits enfants :

Gloire au Père, † au Fils, † et au Saint-Esprit, † Comme il était au commencement, maintenant et toujours, † et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Ô mon Jésus, † pardonnez-nous nos péchés, † préservez-nous du feu de l'enfer, † et conduisez toutes les âmes au Ciel, † nous vous prions spécialement pour celles qui ont le plus besoin de Votre miséricorde.

 

Le Chapelet, Le message de Saint Louis-Marie

Le Message de saint Louis-Marie Grignon de Monfort
Louis (Marie) Corpechot


Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture --- dans la Loi et les Prophètes --- dépend de ces deux commandements1.


C'est parce qu'il sut mettre ces commandements en pratique que Louis-Marie Grignon de Montfort a été canonisé. Ordonné prêtre en 1700, à l'âge de 27 ans, cet originaire de Montfort-sur-Mer (Ille-et-Vilaine) a été un missionnaire itinérant en Bretagne, en Normandie et en Poitou. Il lutta contre le jansénisme et répandit la dévotion mariale. Il est le fondateur d'une congrégation hospitalière féminine (fille de la Sagesse, 1703) et d'une congrégation missionnaire (compagnie de Marie ou «Pères montfortains», 1705). Il est aussi à l'origine de la congrégation enseignante des frères du Saint-Esprit2.

Il rendit l'âme en 1716 à Saint Laurent-sur-Sèvres. Avant de mourir, il se redressa sur son grabat et chanta ce couplet d'un de ses nombreux cantiques:


Allons, mes chers amis,
Allons en Paradis!
Quoi qu'on gagne en ces lieux,
Le paradis vaut mieux.

C'est le chemin vers le Paradis qu'a ouvert le Christ, ce chemin que nous suivons quand nous mettons en pratique dns nos vies le «grand commandement».

En tant que saint, Louis-Marie est un exemple pour chaque chrétien. Mais il a en plus laissé une oeuvre littéraire apte à nous aider à suivre Jésus. Il y explique entre autres ce qu'est la vraie dévotion à Marie qu'il prêcha inlassablement pendant sa vie. Il s'agit d'un abandon total de nous-même à la conduite de la Mère du Fils de Dieu, notre Mère.


Voici ce qu'en dit Jean-Paul II dans l'encyclique sur la Mère du Rédempteur, quand il commente le texte de Jean: «Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui3»: «La dimension mariale de la vie d'un disciple du Christ s'exprime précisément, d'une manière spéciale, par cette offrande filiale à la Mère de Dieu, qui a commencé par le testament du Rédempteur sur le Golgotha. En se livrant à Marie, le chrétien comme l'apôtre Jean, [...] cherche à entrer dans le rayonnement de l'amour maternel avec lequel la Mère du Rédempteur prend soin des frères de son Fils, à la naissance et à l'éducation desquels elle apporte sa coopération4.»

Et il invite à aller jusqu'au bout de la démarche montfortaine quand il écrit: «J'aime évoquer, parmi de nombreux témoins et maîtres de cette spiritualité, la figure de saint Louis-Marie Grignon de Montfort qui proposait aux chrétiens la consécration au Christ par les mains de Marie comme moyen efficace de vivre les promesses du baptême

 

La dévotion à la Sainte Vierge Marie, le Chapelet

L'Immaculée Conception est celle qui a parfaitement aimé Dieu et son prochain. Jésus le dit, elle est d'abord sa mère pour cela: «Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m'est un frère, une soeur et une mère5.»

Et puisque nous savons que la Vierge est toujours exaucée par Dieu, en raison de l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre, c'est à elle que nous devons nous adresser pour demander à Dieu. C'est elle qui a «trouvé grâce auprès de Dieu6.» et qui obtient le Messie pour sauver l'humanité. C'est elle qui obtient le premier miracle de Jésus à Cana.

Elle est bien sûr un bon sujet pour un numéro de Sénevé7 , mais elle est en fait le sujet idéal: «Marie est l'excellent chef d'oeuvre du Très-Haut, dont il s'est réservé la connaissance et la possession8.» Elle est l'Immaculée Conception par une grâce anticipée de la Résurrection de son Fils. Elle est la création admirable, la beauté parfaite et sans tache restée ainsi que le Père la pensa. Elle est sage, charitable, libérale, puissante et fidèle. En elle se trouvent les vertus théologales et cardinales sous leurs formes les plus parfaites. Elle est le grand et divin monde de Dieu, où il y a des beautés et des trésors ineffables.

Il faut croire et concevoir que Dieu s'est incarné en son sein. Quel ciel immense est Marie pour contenir ainsi le Tout!

Le tabernacle qu'est la Vierge Marie, les trésors infinis qu'il renferme sont restés longtemps ignorés d'un grand nombre de gens. La place de la Mère de Dieu dans l'Évangile est modeste:


Dieu, pour l'exaucer dans les demandes qu'elle lui fit de la cacher, appauvrir et humilier, a pris plaisir à la cacher dans sa conception, dans sa naissance, dans sa vie, dans ses mystères, dans sa Résurrection et Assomption, à l'égard de presque toute créature humaine. Ses parents même ne la connaissaient pas; et les anges se demandaient souvent les uns aux autres: Quae est ista9? Qui est celle-là? Parce que le Très-haut la leur cachait; ou, s'il leur en découvrait quelque chose, il leur en cachait infiniment davantage.
Les évangélistes sont pourtant explicites: Jésus est venu par Marie et elle est restée près de lui pendant sa vie et au Calvaire. Regarder Marie c'est regarder Jésus. Pour obtenir Jésus il faut demander à celle à qui il a été donné. Pour obéir à Dieu il faut demander de l'aide à celle qui sait le faire parfaitement.


Et puisque Marie est la Reine de la Création, il faut la louer et bénir en récitant le Rosaire, qui est la prière préférée de Dieu après la Messe. C'est aussi la prière préférée de Jean-Paul II qui a proclamé année du Rosaire d'octobre 2002 à octobre 2003.

Mais saint Louis-Marie parle bien mieux de la Vierge, dans un excellent français du xviiième siècle. Ses OEuvres complètes sont disponibles mais nous vous conseillons le Livre d'or qui contient les textes principaux pour suivre Jésus en Marie.

Pour finir, sachez qu'il est possible d'embrasser la Vierge Marie: il suffit de trouver un crucifix et de baiser les plaies du Christ, car embrasser le Fils c'est embrasser la Mère.


Mais où est-ce que ma plume me conduit? Pourquoi est-ce que je m'arrête ici à prouver une chose si visible? Si on ne veut pas qu'on se dise esclave de la Sainte Vierge, qu'importe! Qu'on se fasse et qu'on se dise esclave de Jésus-Christ! C'est l'être de la Sainte Vierge, puisque Jésus est le fruit et la gloire de Marie. C'est ce qu'on fait parfaitement par la dévotion dont nous parlerons par la suite.

Le Secret du Chapelet

Sainte Mechtilde désirant savoir par quel moyen elle pourrait mieux témoigner la tendresse de sa dévotion à la Mère de Dieu, fut ravie en esprit ; et sur cette pensée, la sainte Vierge lui apparut, portant sur son sein la Salutation angélique écrite en lettres d'or, et lui dit :
"Sachez, ma fille, que personne ne peut honorer par un salut plus agréable, que celui que m'a fait présenter la très adorable Trinité et par lequel elle m'a élevée à la dignité de Mère du Dieu.

Par le mot Ave, qui est le nom d'Eve, "Eva", j'appris que Dieu, par sa toute-puissance, m'avait préservée de tout péché et des misères auxquelles la première femme fut sujette.

Le nom de Marie, qui signifie Dame de lumières, marque que Dieu m'a remplie de sagesse et de lumière, comme un astre brillant, pour éclairer le ciel et la terre.

Ces mots : pleine de grâces, me représentent que le Saint-Esprit m'a comblée de tant de grâces, que je puis en faire part abondamment à ceux qui en demandent par ma médiation.

En disant : le Seigneur est avec vous, on me renouvelle la joie ineffable que je ressentis lorsque le Verbe éternel s'incarna dans mon sein.

Quand on me dit : vous êtes bénie entre toutes le femmes, je loue la divine miséricorde qui m'a élevée à ce haut degré de bonheur.

A ces paroles : Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni, tout le ciel se réjouit avec moi de voir Jésus, mon Fils, adoré et glorifié pour avoir sauvé les hommes."


Le secret du Rosaire
Saint Louis-Marie grignon de Montfort