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Le Chapelet : Explication du Notre Père

Le Chapelet : Explication du Notre Père , Pater Noster

Explications du 'Notre Père'.
Pater Noster en latin

‘Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal'.

« Notre Père » Il ne s'agit pas de mon père mais de « notre père », celui qui est commun à tous. Aussi à nos frères qui ont déjà vécu, à ceux qui vivent encore sur notre planète ou encore à ceux des générations à venir. Prenons conscience de ce qu'introduit le pronom « notre » par rapport à « mon ». Il s'établit que nous sommes bien tous frères. C'est un même père qui nous a créés (Deut. 32,6). Nous sommes ses héritiers (Rm 8, 17). En disant « notre Père » nous exprimons le désir de le voir avec un cœur confiant d'enfant. C'est aux « tout-petits » que le Père se révèle (Mt 11,25). Le baptême nous fait passer du stade de créature de Dieu à celle d'enfant de Dieu. Jésus nous l'a révélé.

Dieu est-il Père ou Mère ? Certainement les deux à la fois. Père ou Mère sont des essais aussi suggestifs qu'incomplets pour balbutier les Mystères de la tendresse de Dieu. Il est certain que Dieu dans sa grandeur possède ces deux dimensions. (Is 49,15) .

Puisque nous avons un père commun, il s'ensuit que notre prochain est notre frère ou notre sœur : « N'est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi donc chacun de nous méprise-t-il son frère ? » (Malachie 2,10). Certes ce Père est également mon père (non pas mon père terrestre biologique) qui m'aime infiniment et surtout personnellement. Dieu ne l'oublions pas est celui qui préfère chacun. Je suis non seulement précieux à ses yeux mais je suis unique. Un mot nouveau dans la prière de Jésus nous frappe tout particulièrement c'est le fait d'appeler Dieu, Père, Abba en araméen ; mot par lequel un enfant reconnaît et appelle familièrement son père.

« Qui es aux cieux » Remarquons que le « es » correspond à la deuxième personne du singulier et non la troisième : ici on tutoie le Père ; l'expression « aux cieux » désigne la gloire céleste de Dieu. Les Anciens distinguaient plusieurs cieux : la pluie, la neige, la grêle, la foudre, les étoiles et les anges. Dieu est « au plus haut des cieux ». Lui le maître des « mondes visibles et invisibles » est lointain dans sa majesté et sa grandeur mais il est aussi proche par son amour infini et sa tendresse. Jésus, avant de prier, commence par « lever les yeux au ciel » (Mt 14,19 ; Mc 7,34 ; Jn 17,1) La prière de Jésus caractérise bien la paternité de son père. De tous les êtres, Dieu est le Créateur, non le Père. Il est Père de Jésus et de ceux qu'il associe à Jésus en les adoptant par le baptême. Cette relation paternelle au Père est constante : dans le péché comme dans la grâce. Dieu est, demeure et reste Père. Avant de nous enseigner à présenter au Père nos besoins dans la 2ème partie du Notre Père, Jésus nous apprend à donner la priorité aux affaires de Dieu : son nom, son règne et sa volonté.

« Que ton nom » Prononcer son nom était un signe tout particulier de confiance au temps des récits bibliques. Dieu nous a révélé son nom. Vers la fin de l'Ancien Testament, on craignait tellement ce nom divin qu'on n'osait pas le prononcer (Ex 3,14) (Ex 33,19-23). Il était remplacé par des paraphrases telles que « le Saint, béni soit-il », « Seigneur » et « le Nom ». Par ailleurs le nom YHWH était imprononçable. Si dans cette prière nous apprenons enfin son nom, Dieu sauve, nous sommes donc bien invités à l'invoquer par son nom.

« soit sanctifié » Cela signifie ‘rendre saint' et ici traiter d'une manière sainte. On peut comprendre : « Père, que soit mise en valeur ta façon d'être Père ».

Nous demandons que son nom se manifeste en nous et soit proclamé pour nous. Nous souhaitons que sa réalité de Père ne soit plus travestie ou faussée en un Dieu punisseur ou grand horloger. Nous renouvelons notre demande que par son nom nous devenions saint. Que sanctifie le nom de Dieu ? Nous sommes responsables de l'honneur de Dieu. Agissons et vivons en frères, devenons chaque jour plus aptes à expérimenter et à découvrir librement que nous avons un Père commun ! Portons un regard fraternel au quotidien sur notre prochain qu'il soit mendiant ou président !

« Que ton règne vienne » Il nous faut comprendre que s'il est vrai que Dieu arrivera à la fin des temps, il est vrai également qu'il commence dès aujourd'hui à prendre racine. Il se développe un peu plus dans le cœur de tout homme à chaque récitation du Notre Père. Le royaume de Jésus-Christ se trouve principalement dans le cœur de l'homme. Comme l'écrit saint Luc (Lc 17,21) le Royaume de Dieu est au-dedans de nous. Jésus y apporte sa Paix. Exprimons notre désir que ce « règne » intérieur, d'amour et de justice s'instaure toujours plus en nous !

Nous disons : « Père que ton autorité et ton amour de Père règnent sur moi et me fassent grandir comme l‘un de tes Fils ». Il ne s'agit d'un règne quelconque, mais de celui d'un Père qui a une façon unique de commander pour faire grandir. La condition est d'être docile : (Lc 2,51) « ...et il leur était soumis... » et (Jn 4,34) « Ma nourriture (ce qui me fortifie et me fait grandir) c'est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin ».

« Que ta volonté soit faite » Bien souvent nous cédons à la tentation de nous fabriquer notre sainteté nous-mêmes en décidant ce qui est bon pour nous. Nous allons même jusqu'à exprimer à Jésus des ordres tels que « fais ceci pour moi ; fais réussir son examen à mon fils » etc. Ce n'est pas ainsi que Jésus nous exauce. Faisons-lui confiance car un vœu non exaucé peut déboucher sur d'autres situations, probablement meilleures pour nous. Nous ne voyons qu'à court terme. Croire, c'est faire confiance. Croire est essentiellement tenir pour vrai ce que Dieu nous dit. Développons notre confiance en Jésus au quotidien en remplissant notre mission ! Demandons au Père de connaître sa volonté et d'avoir la force nécessaire pour l'accomplir ! Quand nous prions, prions donc pour le plan de Jésus et de Marie ! Confions-leur nos soucis une fois pour toute et arrêtons de prétendre savoir ce qui est bon pour nous. « Ma fille, disait Jésus à Thérèse d'Avila, occupe-toi de mes affaires et Moi je m'occuperai des tiennes ». Dieu respecte notre liberté. Il est donc important lors de nos dialogues avec lui de bien terminer notre demande par « si cela est ta volonté ».

« sur la terre comme au ciel » Cela peut signifier « Que l'humanité se conforme librement et avec cœur à la volonté de Dieu, comme la création le fait spontanément ». Ainsi « comme au ciel » désigne une réalité céleste et déjà acquise, contrairement à « sur terre » qui exprime un souhait non encore réalisé. Le mot « ciel » exprime la plénitude manifestée du vrai visage de Dieu et s'oppose à cette dureté terrestre. On peut également comprendre « Que ta volonté de salut se réalise « toujours et partout », tout comme ton Nom soit sanctifié « toujours et partout » et ton Règne vienne « toujours et partout ».

Ici Jésus exprime les trois besoins de l'homme : 1- le pain, 2- le pardon, 3- la délivrance.

Ici commencent les demandes du Notre Père.

« Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour » Remarquons que le pain que je demande n'est pas pour moi, mais pour nous ! Ce pain peut être compris aussi bien dans le sens de moyen de subsistance au sens large et que dans celui de nourriture reçue de Dieu, c'est-à-dire « le pain de vie » (Jn 6,35), l'Eucharistie. Je prie pour que ce pain nourrisse notre corps et notre âme. D'une part ce ‘nous' m'invite à partager, à prier pour ceux qui ont faim. D'autre part, comme les bébés ont besoin de lait pour grandir, nous, avons besoin de l'Eucharistie pour la croissance continue de notre âme.

« Pardonne-nous nos offenses » S'il est vrai que le pain aide à vivre, le pardon aide à revivre. Le mot « offenses » dans la formule actuelle provient à la fois du mot « dette » chez Matthieu et du mot « péché » chez Luc. « Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs » est la version de Matthieu tandis que Luc écrit : « remets-nous nos péchés car nous-mêmes nous remettons à quiconque nous doit ». Dans l'Ancien Testament, les rapports entre Dieu et l'homme étaient souvent regardés comme des rapports juridiques, utilisant l'image de la dette et de la remise. Notons dans ce contexte l'expression ‘Dieu nous a rachetés'. Dans le Nouveau Testament apparaît un sens nouveau : celui de péché qui est « transgression consciente et volontaire de la loi divine » et du pardon.

« Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » Cette demande présente le premier engagement pour l'homme à une action personnelle. Elle insiste sur la double nécessité de 1° pardonner à nos ennemis du fond du cœur, sans nécessité et obligation de le leur annoncer, si nous voulons que Jésus entende notre demande ou notre prière et 2° de reconnaître notre faute ( Jn 1,9 ; Jn 5,16). Matthieu est aussi le seul Evangéliste à présenter un tableau du jugement dernier avec les élus qui ont agi pour leurs frères (Mt 25,31-46). Il illustre très bien la dimension du pardon dans la parabole des talents où le maître remet ses dettes à ses débiteurs (Mt 18, 23-35) . Comme Jésus-Christ a racheté nos fautes, remettons également à autrui leurs fautes. Une prière est mieux entendue de Jésus-Christ quand nous sommes en paix dans notre cœur par exemple après une confession.

« Ne nous soumets pas à la tentation » Cela signifie « ne nous permets pas d'entrer en tentation » (Mt 26,41), de consentir à la tentation. Eviter les chemins qui conduisent au péché, implique une décision personnelle. Le mot tentation est à comprendre dans le sens du mot « épreuve ». Elle nous oblige souvent à faire des choix et ces choix peuvent être déterminants pour notre vie spirituelle. Il nous dit : « Vois, je te propose la vie ou la mort : choisis donc la vie ! » (Dt 30,19). Demandons à Jésus de ne pas nous laisser prendre un chemin qui conduirait au péché, un état qui nous rend esclave par notre faute. Il importe d'exercer notre esprit de discernement avec un directeur spirituel comme un sportif qui s'entraîne avec un entraîneur. Saint Jacques écrit : « Dieu en effet n'éprouve pas le mal, il n'éprouve non plus personne » (Jc 1,13). Il veut, au contraire nous en libérer car « ...le péché, parvenu à son terme, enfante la mort » (Jc 1,15). Implorons chaque jour Dieu de nous soutenir dans nos épreuves de sorte que nous en ressortions renforcés et que nous puissions démontrer notre « vertu éprouvée » (Rm 5,3-5). Il existe des tentations de tous ordres. Au jardin de Gethsémani, Jésus prie pour résister à la tentation. La prière lui permet de ne pas y succomber et de ressortir victorieux.

Implorons Dieu de ne pas être submerger par la tentation majeure, source de toutes les autres : refuser d'être pour Dieu un fils à l'image et à la suite de son Fils unique.

C'est sur ce point crucial que nous serons toujours le plus tentés. Voila diverses manières indirectes de refuser d'être fils de Dieu :
on s'approprie la parole de Dieu en sélectionnant un ou plusieurs éléments ou en apportant de légères modifications.
on développe un peu le culte de soi-même, culte du corps, de l'apparence, de l'avoir
nous oublions l'adoration de notre créateur en première priorité
on ramène tout à soi, à sa personne pour insensiblement se prendre pour un petit Dieu
on oublie de se mettre au service de notre frère et de considérer Dieu comme créateur.

« Mais délivre-nous du mal ! » Le verbe choisi ici « délivrer » rappelle la délivrance d'Egypte dans l'Ancien Testament. Nous demandons à Dieu par la rédemption de son Fils, de nous délivrer du contact avec les différentes manifestations du Mal car nous savons que devant Jésus, les forces de Satan reculent ! Nous pouvons compter que Dieu nous portera secours dans toute situation dangereuse pour notre âme et qu'il prendra soin d'elle ! Saint Jean écrit « Je ne te prie pas de les retirer du monde mais de les garder du Mauvais » (Jn 17,15). En communion avec son Eglise, le chrétien prie Dieu de manifester la victoire déjà acquise par le Christ sur le « prince de ce monde ».

Il s'agit ici du Mal et non de ‘tout mal' qui désigne également « le Mauvais », le prince des ténèbres dont les actions incitent à garder notre vie pour nous alors que Dieu nous invite à la donner pour nos frères.

Soyons confiants, dans les moments de tentation, mais ne nous croyons pas plus forts que nous sommes. N'hésitons pas à demander avec une toute humilité du secours auprès de Marie et de Jésus.

Souvenons-nous que Jésus nous a appris la valeur de certaines pratiques par exemple celle du jeûne. Le jeûne au pain et à l'eau permet au chrétien se renforcer contre les attaques ou tentations de Satan ! Ce sacrifice nous prépare bien à la ‘noce' avec Jésus.

La formule : « car c'est à toi qu'appartiennent la puissance et la gloire pour les siècles ! » provient d'un ouvrage de la fin du Ier siècle intitulé « la Doctrine des douze apôtres ».